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L’existence d’espèce hominidés avant Adam

L’existence d’espèce hominidés avant Adam

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بسم الله و الصلاة و السلام على رسول الله

L’existence d’espèce hominidés avant Adam, d’après les chroniques d’Ibn Kathîr



Certains me reprochent d’avoir cité dans le livre « Le Califat d’Adam » un récit rapporté entre autre par Ibn Kathîr au sujet de créatures ayant existées sur la Terre avant l’homme :

Premièrement, ce récit qui affirme l’existence de créatures appelées Hinn et Binn, est bel et bien rapporté par Ibn Kathîr, non pas dans son exégèse (tafsîr), mais dans ses chroniques (al-Bidâya wa al-nihâya) au sujet de la création d’Adam. Le récit est effectivement considéré comme extrêmement faible d’un point de vue ‘ilm ul-hadith, dans la mesure où la source n’est pas mentionnée clairement, Ibn Kathîr se contentant d’un : « certains disent » (قيل).  

Par ailleurs, ce récit est évoqué, même de manière critique, par d’autres exégètes comme Ibn Achour qui affirme dans son tafsîr qu’il s’agit d’une légende venue des traditions grecques. En réalité, l’avis d’Ibn Achour sur le sujet n’est pas bienvenu, car au moment où il écrivait son tafsîr (début du XXe siècle), il se plaçait dans une démarche qui consistait à tenir tête intellectuellement à la France coloniale.

Ibn Achour entendait défendre une approche qui se voulait « rationnelle » pour lutter contre les légendes et récits infondés qui alimentent les critiques sécularistes venues d’occident assimilant tous les récits religieux à des mythes, de la même façon que son compatriote Ibn Khaldoun rejetait, quelques siècles plus tôt, dans son livre al-Muqaddima, les récits relatifs à la cité de Iram (cités dans le Coran) en disant qu’il s’agissait de légendes infondées et en affirmant que ce mot (Iram) ne désignait en réalité pas une ville.

Or, cette approche qui se voulait critique et rationnelle a été balayée par les découvertes archéologiques à notre époque qui confirment l’existence dans le désert yéménite des vestiges d’une ville gigantesque, attestant une partie des récits dits « légendaires » sur la question.1 C’est toujours au nom de ce même purisme ou « sahihisme » qu’Ibn Khaldoun, dans le même livre, réfute l’existence du Mahdi pourtant reconnu par la majorité des courants, en arguant du fait qu’il n’existe aucun hadith authentique sur le sujet.

Le problème de cette démarche qui se veut puriste dans le traitement des récits est que si les partisans d’un establishment islamique poussent la logique jusqu’au bout, ils en viendront à scier la branche sur laquelle ils sont assis, car des pans entiers du fiqh et de la ‘aqida enseignés dans les universités islamiques reposent sur des hadiths et des sources qui ne sont pas reconnus comme parfaitement « authentiques » (sahîh), pour la simple raison que le statut de « sahîh » est tellement contraignant qu’il n’est attribué qu’à quelques milliers de hadiths, insuffisants pour trancher tous les points soulevés dans ces matières islamiques.

Pour revenir à Ibn Achour, il est évident, contrairement à ce qu’il affirme, que le récit sur les Hinn et les Binn ne provient pas des mythologies gréco-romaines, qui n’ont pas servi de référence à Ibn Kathîr. Ce témoignage ne peut vraisemblablement venir que deux types de sources :

- Soit des sources arabes, qui peuvent certes avoir été forgées par des inconnus, ou bien rapportées depuis les premières générations de musulmans sans que la source ne soit clairement citée

- Soit des israiliyât.

Mais cette deuxième version est difficile à croire puisque les noms utilisés (Hinn et Binn) sont des mots de racine arabe qui dérivent du mot Jinn.

Deuxièmement, et c’est le plus important, le livre en question (Le Califat d’Adam) n’est pas un traité de ‘aqida prétendant définir ce qu’il faut croire ou non, et moi-même je n’ai pas d’avis tranché ou certitude sur l’existence de ces créatures. J’estime pourtant que ce récit mérite d’être mentionné dans ce livre pour alimenter un raisonnement plus large sur la vision historique qui apparait dans la tradition islamique.

Ce chapitre du livre s’attarde sur la théorie de l’histoire enseignée dans le Coran autour du concept de Khilâfa / istikhlâf (succession) qui revient dans de nombreuses sourates pour décrire le processus historique par lequel des peuples décadents disparaissent et laissent place à d’autres peuples dotés de valeurs morales supérieures. Je remarquais que le Coran faisait remonter cette « Sunna » à la création d’Adam, qualifié de Khalîfa (successeur).

Comme l’expliquent les exégètes, ce titre de « successeur » sert à indiquer que l’espère humaine succédait à des créatures qui ont peuplé et dominé autrefois la Terre. De nombreux compagnons, tel que Ibn ‘Abbâs et Ibn Mas’ûd affirmaient qu’il s’agissait de Djinns et que ceux-ci, devenus corrompus, auraient été repoussés et combattus pour laisser place à l’humain. Je citais alors ce récit sur les Hinn et les Binn rapporté, parmi d’autres, par Ibn Kathîr dans ses chroniques, selon lequel les créatures qui précédaient au règne des humains étaient des créatures faites de chair et comparables aux hommes.

L’intérêt de ce récit est qu’il fait écho à une réflexion sur la notion de qiyâs (analogie) soulevée ici par les commentateurs les plus anciens2 : dans ce verset, les anges exprimaient un a priori négatif envers l’espèce humaine « par analogie » avec le niveau de corruption des créatures qui les avaient précédés : les humains, disaient-ils, étaient voués à {semer la corruption et répandre le sang} car leurs semblables avant eux s’étaient adonnés à de pareilles pratiques. Or, il parait plus cohérent que lesdites créatures aient été « comparables », ressemblantes aux humains, pour susciter une telle analogie de la part des Anges. Certains ont même remarqué malicieusement que seules les êtres de chair peuvent voir leur « sang répandu ».

J’ajouterais, et ce n’est pas un point négligeable, que les découvertes archéologiques contemporaines ont permis de mettre au jour des ossements de créatures tels que les Néanderthaliens et les Denisoviens. Ces créatures hominidés présentées autrefois par les « évolutionnistes » comme l’ancêtre des humains, sont reconnus aujourd’hui, grâce à l’étude des ADN, comme des espèces bien distinctes des Humains « adamiques » que nous sommes.

Ces créatures réparties au nord-ouest du bloc eurasien et en Asie, ont vraisemblablement été repoussées par les Humains avant de s’éteindre il y a des milliers d’années, ce qui semble corroborer les récits cités par Ibn Kathîr d’espèces peuplant la Terre, d’abord repoussées aux « confins de la Terre » et en partie exterminées. Il est donc important de prendre en compte des récits, même douteux du point de vue du référencement, s’il est susceptible d’apporter un éclairage islamique sur ces sujets. 

Ironiquement, cette polémique alimente un sujet que j’aborde dans ce même livre : à savoir le fait qu’on ne peut pas considérer les sources scripturaires issues de la révélation (Coran et Sunna) comme des données autonomes qui devraient être étudiées en vase clos. Le ‘ilm ul-hadith n’est qu’un outil qui sert exclusivement à déterminer le degré de probabilité qu’une source est authentique ou non, et ne peut conduire à la certitude absolue quant à la véracité ou la fausseté de cette source.

D’autres outils doivent être pris en compte pour traiter les sources islamiques, notamment leur croisement avec des études empiriques. C’est la grande erreur de cette approche « scolastique » et figée qui domine le monde musulman depuis plusieurs siècles, et qui a eu le tort d’isoler les sciences « islamiques » des autres domaines de savoir fondés sur l’observation, trahissant ainsi la méthode des premières générations de musulman.


Annexe : Extrait en question tiré de qisas al-anbiyâ d’Ibn Kathîr, lui-même tiré de ses chroniques

فأخبر تعالى أنه خاطب الملائكة قائلا لهم: {إني جاعل في الأرض خليفة} أعلم بما يريد أن يخلق من آدم وذريته الذين يخلف بعضهم بعضا كما قال: {وهو الذي جعلكم خلائف الأرض} وقال: {ويجعلكم خلفاء الأرض} فأخبرهم بذلك على سبيل التنويه بخلق آدم وذريته، كما يخبر بالأمر العظيم قبل كونه، فقالت الملائكة سائلين على وجه الاستكشاف والاستعلام عن وجه الحكمة، لا على وجه الاعتراض والتنقص لبني آدم والحسد لهم، كما قد يتوهمه بعض جهلة المفسرين، قالوا: {أتجعل فيها من يفسد فيها ويسفك الدماء}.

قيل علموا أن ذلك كائن بما رأوا ممن كان قبل آدم من الجن والبن. قاله قتادة.

وقال عبد الله بن عمر: كانت الجن قبل آدم بألفي عام فسفكوا الدماء، فبعث الله إليهم جندا من الملائكة فطردوهم إلى جزائر البحور. وعن ابن عباس نحوه. وعن الحسن: ألهموا ذلك. وقيل: لما اطلعوا عليه من اللوح المحفوظ، فقيل أطلعهم عليه هاروت وماروت عن ملك فوقهما يقال له السجل. رواه ابن أبي حاتم عن أبي جعفر الباقر. وقيل: لأنهم علموا أن الأرض لا يخلق منها إلا من يكون بهذه المثابة غالبا




A. S. Al-Kaabî

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1 Voir : « Histoire et Islam », AAY, p94. Nawa.
2 ما رواه الضحاك ، عن ابن عباس : أن الجن أفسدوا في الأرض قبل بني آدم ، فقالت الملائكة ذلك ، فقاسوا هؤلاء بأولئك .
http://quran.ksu.edu.sa/tafseer/katheer/sura2-aya30.html

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