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La logique pernicieuse du mimétisme [1/2]

La logique pernicieuse du mimétisme [1/2]

La logique pernicieuse du mimétisme

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Jusqu’ici, nous avons vu cette tendance maladive à vouloir singer les représentants de l’hégémonie occidentale, imiter les attributs de nos dominants, adopter la psychologie de leurs émules, répliquer le modus vivendi des couches sociales auxquelles l’accès nous est permis […], autrement dit : achever le processus d’acculturation mentale sans manquer, jamais au grand jamais, de saupoudrer le tout d’une pincée de poudre de perlimpinp-islam.

1. Entre grandeur et décadence, les leçons qui résonnent depuis les couloirs de l’Histoire

L’Europe, et l’Occident au sens large, nous offrit, de par son histoire, de précieuses avancées, ponctuées de prouesses techniques ou intellectuelles admirables, dont les musulmans venaient de perdre la recette. Les révolutions et bouleversements successifs, d’ordre scientifique ou social, pavèrent la voie d’une croissance exponentielle, engageant cette civilisation en redéploiement post-médiéval, vers l’acquisition de valeurs et vertus à même d’instaurer une forme d’équilibre, si précaire qu’il soit, qui maintint soudées les briques politiques d’une Cité, que tout semblait mener à l’effondrement.

Prolongeant la geste glorieuse des musulmans, mathématiques, physique, chimie, médecine, astronomie, parmi tant d’autres domaines, furent investis par les héritiers de Constantin, Clovis, le Charles dit Martel, ou « Magnus », qui lui emboitera le pas, puis sur les cendres des peuples barbares s’édifia et s’éleva l’Etat. Le sentiment patriotique et la fierté d’appartenir à une configuration sociale, dont l’écho rappelait la « ‘izza » du ressortissant musulman, tout anachroniques qu’ils soient, consolidèrent l’infrastructure et superstructure de cet Ordre en devenir, dévolu aux prépotents habiles dont les abus sonneront le glas.

S’étant hissés au sommet de la pyramide économique, surplombant le monde de par leurs acquis multiples, les valeurs ayant fait le lit de l’incontestable autorité exhibée aux yeux de tous, commencèrent doucement à se voir délaissées jusqu’à l’évanouissement. Quel malheur de reconnaître à un peuple les fruits du prestige, si laborieusement cultivés, quand la récolte aboutit au pire des gaspillages, dilapidation telle, que s’ensuit l’inéluctable calamité souvent convoquée par la fatalité, incarnée par la décadence.


2. Antidialectique d’une imposture intenable et improspère

Faut-il rappeler que le cumul de richesses matérielles ne peut permettre, à lui seul, la perpétuation d’un modèle dans l’espace et le temps ? Remarque valable à des niveaux tels, qu’elle se vérifie de l’échelle tribale à civilisationnelle. La prédation qu’exige la cupidité de celui vouant un culte à l’idole du « Capital », peut lui permettre, à court terme, d’engranger une propriété quantitative dont le pic d’accroissement conduira nécessairement à un paradoxe, se mettant progressivement à dos les membres d’une communauté pillée, aux yeux desquels il se métamorphosa en pur harpagon.

a) Prendre appui sur les ressorts du rhéteur :

Avant même l’Etat, l’élection d’un individu placé de facto au-dessus de ses pairs, ne s’effectue point sur base d’attributs matériels uniquement. De son temps, Aristote remarquait déjà les classes de postures et tempéraments susceptibles de servir un discours, une cause, une carrière. Là où, de nos jours, d’aucuns se laissent envoûter par un simulacre de charisme, le Stagirite comprenait parfaitement qu’au vu de la nature humaine et sa versatilité, cet ancrage sentimental, presque irrationnel, que sanctionne notre labilité émotionnelle, le « logos » strict ne saurait se suffire à lui-même.

Loin de l’idéal, dans les faits, les gens réellement doués de « connaissance » sont si minoritaires que la formulation de nos opinions, en plus d’être malléables, s’appuie sur des ressorts influençables. D’où l’introduction de figures symboliques dans le cadre argumentatif parallèle, cernant et délimitant « rhétoriquement » les avantages octroyés par le « pathos » et l’« ethos », ce dernier permettant de jouer et miser sur les notions de « phronesis », « arete » et « eunoia », sur lesquelles nous nous arrêterons une fois prochaine. Au même titre qu’il est donc vital de ne pas se laisser subjuguer par les artifices rhétoriques d’un expert, les artifices matériels d’une nation ne doivent pas nous induire en erreur.

b) Le piège idéologique de la fibre émotionnelle :

Partir de ce constat, autorise plusieurs observations. Premièrement, le recours à de pareilles techniques survient tout autant chez des spécialistes de la communication, dont les politiques font partie, qu’auprès de figures religieuses (prédicateurs, imams, essayistes, etc.) dont la plus puissante arme est précisément leur capacité à mobiliser et jouer sur les émotions des fidèles. Il est donc important de prendre connaissance de ce qui relève de l’argumentation valable, islamiquement valide, contrairement à la persuasion, sorte de « Protreptique » pourtant suranné et normalement dépassé, servant de goulot d’étranglement dialectique à tant d’imposteurs, qu’ils soient médiatiques ou en poste à la mosquée du quartier.

c) Tout ce qui brille n’est pas de l’or :

Deuxièmement, il est assez triste et déplorable de voir les conséquences délétères de cette colonisation mentale chez nos coreligionnaires. Passe encore que l’on cherche à sécuriser nos besoins primaires avant d’envisager, dans un second temps, s’investir dans la réforme globale de la « umma » islamique. Là où le bât blesse, et c’est peu de le dire, c’est quand ceux-là même qui nous parlent de sauver l’islam, secourir la communauté, réinventer la modernité, relever les défis contemporains, au lieu de se battre en vue de se réapproprier et capitaliser sur les valeurs ayant contribué à l’apogée occidentale, cette entité qu’ils admirent tant, les voilà qui se ruent tels des charogniers sur ses miettes, puis se disputent tout ce qui conduisit justement l’Occident à son effondrement.

Pendant qu’ils nous parlent, depuis le café ou debout sur le minbar, de réformer nos sociétés arriérées et rétrogrades, ils rêvent à voix haute d’arracher au cadavre moribond sa gourmette et sa montre, son portefeuille et ses boutons de manchette, comme si son sceptre, fut-il forgé en or massif, allait leur apprendre à gouverner équitablement.

H. C.

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